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The John F. Kennedy aircraft carrier and the U.S. Navy's dilemmas with the Ford class

(This article is not available in English.)
DefTech N°8 janvier-mars 2024 - 19 janvier, 2024
Analyse and essay

« Où sont les porte-avions ? », c’est la question que pose immanquablement chaque président américain au moment où il est informé de l’éclatement d’une nouvelle crise quelque part dans le monde. Ce fut le cas le 7 octobre 2023, le jour où Israël a subi l’attaque surprise du Hamas. Le lendemain, le Pentagone a ordonné au groupe aéronaval du porte-avions Gerald R. Ford de prendre position au large des côtes israéliennes. Moins d’une semaine plus tard, le porte-avions Dwight Eisenhower a levé les amarres pour le rejoindre en Méditerranée orientale. Le message était clair. Il s’agissait d’un « signal fort de dissuasion si un acteur hostile à Israël envisageait de tenter de profiter de cette situation », d’après le général Michael E. Kurilla, commandant du commandement central américain (CENTCOM). Une démonstration grandeur nature de la « diplomatie à 100 000 tonnes » conduite par ces mastodontes américains, à la fois navires, centrales nucléaires du fait de leur mode de propulsion, et bases aériennes. 

La fonction symbolique du porte-avions, étayée par des capacités opérationnelles indéniables, a été soulignée par le président Trump en 2017, à l’occasion de l’inauguration du Ford : « Quels que soient les horizons où se rendra ce navire, nos alliés dormiront tranquilles, et nos ennemis trembleront de peur ». Livrée à la Navy la même année, cette première unité de la nouvelle génération des porte-avions américains ne sera déployée que 5 ans plus tard, du fait de ses multiples déboires techniques. Un cadeau pour ceux qui, à l’intérieur de la bureaucratie du Pentagone, militent pour en finir avec le rôle central des porte-avions dans les planifications stratégiques pour des raisons d’efficacité relative et de vulnérabilité aux nouvelles technologies offensives, et n’hésitent pas à les comparer au feu le cuirassé. Des questionnements aggravés par les surcoûts et retards chroniques. Beaucoup espèrent que le deuxième de la série, le porte-avions John F. Kennedy (CVN-79), prévu pour livraison à la Navy en juillet 2025, fera taire les critiques. A moins qu’il ne les confirme.

  • Le mirage de la nouvelle classe
  • Le Kennedy un remède ?
  • Technologies à ras bord
  • L’avenir dans la balance

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