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Who benefits from the crime? - the crisis in Ukraine and the hawks in the Alliance

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22 octobre, 2014
Article
Hajnalka Vincze
Le livre fraîchement sorti de l’amiral James Stavridis (de 2009 à 2013 commandant « suprême » des forces alliées de l’OTAN, en même temps que commandant en chef des forces US sur notre continent) est un vrai régal, comme on pouvait s’y attendre. Laissant de côté pour l’instant les innombrables détails précieux sur le microcosme otanien, nous nous arrêtons ici sur un de ses premiers constats. Au sujet de l’attitude vis-à-vis Moscou, ou plutôt des attitudes, justement.
 
L’amiral dit avoir trouvé, dès son arrivée, une Alliance « gravement divisée entre ceux qui (non sans raison) craignaient une Russie agitée et résurgente (c’était en général la vision des Baltes, des Polonais, les Tchèques, des Slovaques, des Roumains et des Bulgares) et ceux qui paraissaient résolus à trouver des moyens pour coopérer avec la Russie (en premier lieu l’Allemagne et la France*) ». Sans surprise, les événements au printemps 2014 (à savoir la crise russo-ukrainienne) auraient confirmé, selon l’ex-SACEUR, la vision des pays de l’Est.
 
C’est un argument que l’on entend tout le temps, censé bétonner encore plus la ligne atlantiste au sein de l’Alliance et discréditer à tout jamais tous les potentiels dissidents. Même les otano-sceptiques traditionnels semblent souvent désemparés devant ce qui est généralement perçu comme une confirmation, par les faits, de l’approche prônée par la « nouvelle Europe » antirusse, ultra-atlantiste, excessivement pro-américaine.
 
Sauf que l’argument marche mieux dans l’autre sens. Car loin de prouver la pertinence de cette « ligne dure » à l’OTAN, la crise russo-ukrainienne en expose justement les désastreuses conséquences. A force d’ignorer les préoccupations de sécurité légitimes de la Russie (comme sur le dossier de l’élargissement de l’Alliance ou sur celui du bouclier antimissiles), ainsi que de multiplier les provocations inutiles (qu’il s’agisse d’ingérences verbales dans les affaires intérieures en Russie même, ou d’ingérences tout court dans son « étranger proche »), les « faucons » de l’OTAN ont tout fait pour instaurer un climat d’affrontement.
 
Un climat qui profite, par ailleurs, à cette même aile dure de l’Alliance. Car la crise russo-ukrainienne leur permet soudainement d’ajouter un sentiment d’urgence à tous leurs objectifs d’auparavant (tels l’élargissement des compétences de l’OTAN en matière cyber ou énergétique, interdiction de toute coopération entre les grands pays européens producteurs d’armement et la Russie, une division du travail avec l’UE qui ferait de celle-ci l’agence civile de l’Alliance atlantique, visibilité accrue de la présence US en Europe de pair avec la résurrection de l’article 5 de l’OTAN). Bref, tout ce qui pourrait cimenter encore plus notre formidable (més)alliance.
 
*Notons, au passage, que la France n’est plus forcément perçue comme l’un des leaders du camp « pro-russe » à l’OTAN. Certains documents US récents parlent ces jours-ci plutôt de l’Allemagne et de l’Italie uniquement.

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Tags:
crise ukrainienne, relations transatlantiques, otan


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