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Public opinion on EU enlargement

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Journal Francophone de Budapest - 11 décembre, 2002
Article
Hajnalka Vincze

A la veille du sommet de Copenhague – lequel va entériner la décision sur l’entrée de dix nouveaux pays à l’Union dès 2004 – l’attitude des opinions publiques des membres actuels et futurs revêt une importance particulière.

Au fait, pour un projet d’une telle ampleur, l’adhésion des citoyens qui seraient conscients des enjeux est un gage essentiel du succès à long terme. Si l’opinion publique des pays candidats continue de soutenir le choix de l’intégration, celle des Quinze – même si majoritairement favorable à l’élargissement – semble préoccupée par les modalités d’exécution. Des deux côtés, l’ignorance générale sur un projet pourtant imminent est un facteur de risque non négligeable et démontre qu’un effort d’information soutenu serait nécessaire pour que les citoyens abordent l’échéance de 2004 en pleine connaissance de cause et non pas à l’aveuglette ou en nourrissant des idées fausses.

Pays candidats : oui, mais on ne sait pas trop à quoi

Le dernier Eurobaromètre « pays candidats »[1] confirme la place des Hongrois parmi les plus enthousiastes et les plus optimistes en matière d’adhésion, puisque le pays figure dans le peloton de tête sur pratiquement toutes les questions. Dans l’ensemble des treize Etats, le sondage montre un niveau relativement élevé de soutien à l’appartenance à l’UE (61%), avec d’importantes différences entre les pays, les plus enthousiastes étant les Roumains, les Bulgares, les Hongrois et les Turcs. Les mêmes sont les plus convaincus des bénéfices que leur apportera l’adhésion à l’UE et affirment en plus grand nombre qu’ils voteraient « pour » à l’occasion d’un référendum (77% en Hongrie pour une moyenne de 69% dans les 13 pays candidats). Les Hongrois ont le plus de confiance en l’Union européenne (76% contre 57% dans les dix pays invités à rejoindre l’Union[2]), et ils sont les troisièmes en matière de mobilisation prévisible lors du référendum sur l’adhésion : tandis qu’au niveau des pays qui vont être officiellement invités à Copenhague à peine plus de la moitié (54%) des citoyens pensent qu’ils iront voter, 68% des Hongrois se déclarent prêts à aller aux urnes.

Néanmoins, ces beaux résultats témoignant d’un très fort sentiment proeuropéen en Hongrie sont ternis par le fait qu’à partir du moment où il s’agit du niveau de connaissance et d’information, non seulement le pays ne figure pas parmi les meilleurs, mais il reste même en-dessous de la moyenne des Dix. En Hongrie 46% des personnes interrogées estiment n’avoir que peu de connaissances sur l’Union européenne (contre 38% pour les Dix), alors que seuls 7% pensent en savoir suffisamment (contre 8% en moyenne).

Les Quinze : oui, mais pas n’importe comment

L’ignorance en ce qui concerne le processus d’élargissement est particulièrement flagrante dans les Etats membres actuels.[3] Si l’immense majorité des Autrichiens (96%) ont déjà entendu parler de l’élargissement, c’est le cas pour à peine plus de la moitié des Britanniques (51%), les Français figurant en 9e position, avec 80%, soit 5 points de plus que la moyenne des Quinze. Plus grave encore, 44% des personnes interrogées sont incapables de citer un seul des futurs membres. Parmi ceux qui pouvaient répondre à la question, quatre pays sont plus souvent mentionnés que les autres : la Pologne est citée par 27% des répondants, la Turquie par 20%, la République tchèque par 18% et la Hongrie par 14% (pour les Français, la candidature de la Turquie est la plus connue, suivie de celle de la Pologne et de la Roumanie).

Malgré ces lacunes, le principe de l’élargissement n’est absolument pas rejeté par les citoyens de l’UE, plus des deux tiers d’entre eux y sont plutôt ou tout à fait favorables. Ce qui pose davantage de problèmes, c’est les modalités : seule une minorité des interviewés (12%) appelle de ses vœux un élargissement immédiat à l’ensemble des pays candidats, l’immense majorité se prononçant pour un processus plus prolongé dans le temps, voire sélectif (seulement pour quelques pays).

Les habitants de l’Union perçoivent bien les conséquences positives de l’entrée de nouveaux membres – elle signifie une Union plus forte sur la scène internationale pour 81% des répondants, et une réassurance en scellant la paix entre les pays européens (70%) – même s’ils craignent un alourdissement des mécanismes de prise de décision (73%), une hausse des dépenses budgétaires (63%), et des difficultés accrues dans le contrôle de l’immigration (44%) et dans la lutte contre la criminalité (60%).

De toute évidence, l’attitude a priori positive des opinions publiques (dans l’UE actuelle, comme dans les pays candidats) à l’égard des changements à venir devrait se fonder sur une connaissances plus précise des enjeux, des apports et des défis de l’entreprise. Sinon, le risque est grand de voir la déception, voire l’hostilité gagner du terrain parmi ceux qui avaient attendu autre chose et qui se sentiraient trahis par les développements ultérieurs. Or, ce mécontentement vis-à-vis de l’Europe minerait la solidarité, plus que jamais indispensable pour mener à bien le projet de l’élargissement ; pourrait renforcer le camp des eurosceptiques et des populistes extrémistes ; et marquerait, très probablement, un point d’arrêt à tout effort d’approfondissement de la construction européenne.

 


[1] Il s’agit du deuxième sondage du même type cette année, réalisée à partir d’interviews avec 12 147 personnes interrogées en face-à-face, dans l’ensemble des 13 pays candidats à l’adhésion, entre le 2 septembre et le 16 octobre 2002.

[2] La Bulgarie, la Roumanie et la Turquie restant en dehors de cette première vague d’élargissement à l’Est.

[3] Les chiffres indiqués ci-après sont ceux du Flash Eurobaromètre consacré à « L’élargissement de l’Union européenne », publié en septembre 2002.


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