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Greek EU presidency

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Journal Francophone de Budapest - 08 janvier, 2003
Article
Hajnalka Vincze

La Grèce, qui s’apprête à assumer son quatrième semestre présidentiel depuis son entrée dans les Communautés européennes (en 1981), s’est déjà échauffée dans quelques domaines.

Au fait, le Danemark ayant choisi de ne pas participer à l’euro, ni aux questions qui ont trait à la défense, ce sont les ministres grecs qui président les réunions de l’Eurogroupe ou des ministres de la défense dès le début de la présidence danoise en juin 2002. Mais à partir du 1er janvier 2003, c’est tout l’agenda de l’Union qui va être défini par Athènes, même si – comme toujours – il s’agira d’un mélange entre les affaires courantes déjà inscrites à l’ordre du jour et les accents particuliers que le pays assurant la présidence entend placer sur tel ou tel aspect de certains dossiers. Très prudemment, les diplomates grecs ont pris soin de rappeler à tous que la prochaine présidence se déroulera dans un contexte particulièrement difficile, surtout en ce qui concerne la situation en Irak (où ils s’attendent ouvertement à une intervention américaine) et la conjoncture de ralentissement économique qui ne pourra d’ailleurs que s’aggraver à la suite d’une telle action militaire.

Elargissement et réformes

Malgré la conclusion des négociations d’adhésion avec dix des pays candidats et la décision officialisée au sommet de Copenhague prévoyant leur entrée dans l’Union dès le 1er mai 2004, l’élargissement demeure en tête de la liste des priorités à plusieurs titres. Tout d’abord, puisque la signature des traités d’adhésion, qui aura lieu le 16 avril 2003 à Athènes sera indéniablement l’un des moments forts de la présidence. De surcroît, les diplomates grecs insistent sur le fait que ce n’est pas la fin du voyage, et mettent l’accent sur les mécanismes de suivi et de monitoring censés évaluer la mise en œuvre effective de l’acquis par les futurs membres.

Aussi, de par sa situation géographique, la Grèce attache une importance particulière et veillera de près à la poursuite des négociations avec la Bulgarie et la Roumanie, et va certainement soutenir les aspirations des Etats des Balkans occidentaux à la candidature, même si pour le moment l’avancée la plus considérable est espérée dans le domaine de la libéralisation des échanges, à savoir l’ouverture des marchés de l’Union devant les exportations en provenance de l’Albanie ou des pays de l’ex-Yougoslavie. Evidemment, le développement de la candidature turque, dans les cadres définis à Copenhague, tout comme la résolution de la question chypriote, qui évoluera sous les auspices de l’ONU, feront l’objet d’une attention considérable de la part de la présidence grecque.

L’autre grand événement du semestre sera la soumission des recommandations de la Convention européenne, laquelle s’est penché sur des questions cruciales liées au problème du partage de compétences entre l’Union, les Etats membres et les régions, à la personnalité juridique de l’UE, au rôle des parlements nationaux, à la gouvernance économique ou encore à l’amélioration de l’efficacité de l’action extérieure de l’Union. Elle devrait présenter ses propositions pendant la présidence grecque de sorte que le sommet de Thessalonique, en juin 2003 soit en mesure d’arrêter les grandes orientations de la prochaine conférence intergouvernementale sur la base de ses recommandations.

Modèle économique et social, immigration et asile

Pour ce qui est des autres dossiers, la Grèce mettra sans doute l’accent sur le renforcement et la modernisation du modèle économique et social européen dont les grandes lignes sont définies par la stratégie de Lisbonne.[1] Elle favorisera la mise à jour des objectifs de celle-ci, grâce à une meilleure prise en compte des nouveaux défis tels le vieillissement de la population ou le changement de la donne entraîné par l’adhésion de dix nouveaux membres.

Pour la Grèce qui se trouve « sur la ligne de front », avec de longues frontières constituant les frontières extérieures de la « forteresse » européenne, le problème de l’immigration figure tout naturellement parmi les sujets prioritaires. Conformément à la feuille de route adoptée au sommet de Séville, en juin 2002, la présidence grecque devrait parvenir à des résultats tangibles en matière d’élaboration de règles communes quant à l’accueil d’immigrés et de demandeurs d’asile, de protection des frontières extérieures de l’Union, d’intégration sociale des immigrés et de leur libre circulation au sein de l’UE.

Action extérieure et défense européenne

Dans le domaine de la politique étrangère, de sécurité et de défense, Athènes se concentrera sur les rapports avec le nouveau voisinage (à la suite de l’élargissement) de l’Union, de même qu’au volet énergétique des relations russo-européennes. Sur le plan de la défense, la présidence grecque espère atteindre le soi-disant « Headline Goal » de Helsinki – les objectifs définis au sommet de décembre 1999, concernant la mise sur pied d’une force de réaction rapide européenne – dans les premiers mois de l’année et pouvoir ainsi se consacrer sur ce qu’elle considère très raisonnablement la mission de préférence pour les forces européennes, à savoir le remplacement des contingents américains – appelés à d’autres tâches – par des troupes européens dans les différentes opérations de maintien de paix dans les Balkans.

 


[1] La stratégie de Lisbonne a été élaborée pendant la présidence portugaise en 2000 et s’articule autour l’idée que les politiques économiques, environnementales et sociales sont maintenant liées avec le but de développer une société meilleure et plus cohésive.


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