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Petites perles de la semaine écoulée – compilation des entrées Google+ (13 avril 2014)

13 avril, 2014
Brève
Hajnalka Vincze
Géopolitique
Dans le prochain numéro de Time, Robert D. Kaplan parle de « la revanche de la géographie ». Notamment en faisant le constat que « La géographie n’a pas disparu. L’élite globalisée – les universitaires, intellectuels, analystes des relations internationales, les patrons de fondations et les puissants du monde des affaires, de même que beaucoup de dirigeants occidentaux – ont pu largement l’avoir oubliée. Mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est la revanche de la géographie ».
 
A ce propos, rappelons seulement la différence subtile entre la version française et anglaise de la Stratégie européenne de sécurité (une sorte de document de référence, approuvé par tous les Etats membres, pour définir l’UE en tant qu’acteur international). Si pour les Français « Même à l’ère de la mondialisation, la géographie garde toute son importance. », pour les Anglais il suffit de noter que  “Even in an era of globalisation, geography is still important.” (« Même à l’ère de la mondialisation, la géographie est importante encore ». Toute son importance ou importante encore - un monde sépare les deux visions. Inutile de préciser à laquelle des deux la réalité des événements donne à chaque fois raison. (Exemple tiré de « L’Europe face à un monde multipolaire en déséquilibre »)?
(Robert D. Kaplan, Geopolitics and the New World Order, www.time.com, 20 mars 2014)

Défense européenne
La dernière Lettre de la Représentation militaire française à l’UE est d’abord l’expression d’une déception marquée face à la très laborieuse mise sur pied de l’opération EUFOR RCA (en Centrafrique). Si l’éditorial se termine en se félicitant du fait que l'opération européenne « tout de même a été lancée », ce n’est pas sans avoir noté qu’« après 5 conférences de génération de forces, le compte n’y est pas ».
 
Surtout, une fois n’est pas coutume, la Lettre n’hésite pas à se poser des questions politiques. D’après le général Rouby (Représentant militaire permanent de la France auprès de l’UE et l’OTAN), « Tout cela doit nous amener à réfléchir sur la volonté réelle des Européens à lancer des opérations militaires loin de leurs bases nationales ».
 
Pour ce qui est de la mission européenne de formation de l’armée malienne, son mandat vient d’être renouvelé pour deux ans (et va désormais inclure la formation des formateurs également). Son commandant donne d’ailleurs des précisions intéressantes sur les contributions nationales respectives, en disant que « chaque pays s’était porté volontaire pour accomplir une partie de la formation correspondant à un de ses domaines reconnus d'excellence ».  
 
« Par exemple, la France, s’occupe de la formation infanterie avec la Grande-Bretagne et une compagnie ‘Nordique Baltique’ (la Suède, Finlande, l’Estonie, et la Lituanie), l’Espagne est responsable de l’instruction de la batterie d’artillerie et des commandos, les Italiens de l’escadron blindé et des TACP [équipes de contrôle de l’appui aérien], les Polonais de la compagnie de logistique, etc. »
 
Finalement, en ce qui concerne le financement des opérations militaires de l’UE, un court billet explicatif donne non seulement des détails sur le mécanisme ATHENA, mais aussi, en même temps, des indications quant à la position de la France. Pour rappel: ATHENA est le mécanisme de financement des coûts communs des opérations militaires européennes, lequel couvre aujourd’hui environ 10 à 20% des dépenses d’ensemble.
 
La Lettre met en avant le caractère intergouvernemental d’ATHENA, conçu de façon à « permettre aux Etats membres de conserver le contrôle politique et opérationnel des actions ». Elle prend soin de préciser qu’ATHENA (et son Comité spécial, i.e. l’assemblée des représentants des Etats membres) « symbolise un des bastions de souveraineté que les Etats membres ne souhaitent pas, pour l’instant, voir être intégré au sein du SEAE [Service Européen pour l’Action Extérieur] ».
 
La France suggère par ailleurs que les missions civiles de l’Union européenne « pourraient s’appuyer sur une structure et des processus semblables à ceux d’ATHENA ». De même qu’elle continue à batailler en faveur d’un élargissement du champ des dépenses éligibles aux coûts communs – afin d’enlever une partie du fardeau financier des épaules de ceux qui consentent à déployer leurs soldats dans les opérations de l’UE.    ?
(LETTRE DE LA RMF n°53, Mars – Avril 2014)
 
 
OTAN
Séminaire à Paris sur la transformation de l’OTAN. Pour mémoire: D'après le général de Gaulle, « il ne doit pas y avoir de confusion entre ‘la déclaration sous forme du traité de l'Alliance Atlantique signé à Washington le 4 avril 1949’ qui reste ‘toujours valable’, et l’organisation militaire bâtie au sein de cette Alliance en vertu de ‘mesures d'application prises par la suite’  qui ‘ne répondent plus à ce que la France juge satisfaisant, pour ce qui la concerne, dans les conditions nouvelles’. Car aux yeux du Général, ‘les raisons qui, pour l'Europe, faisaient de l'alliance une subordination s'effacent jour après jour’ ». Pour en lire plus: Le Général face à l’OTAN: une analyse toujours actuelle.
(L’Otan se transforme, www.defense.gouv.fr, 7 avril 2014)
 
Ukraine
Hubert Védrine sur la crise ukrainienne. Pour ce qui est des causes de l’actuelle crise en Crimée, l’ancien chef de la diplomatie française mentionne, entre autres, « la reconnaissance en 1991 de ces frontières internes à l’URSS comme étant internationales, et sans que la question de la Crimée soit alors posée ». De même que « la désinvolture occidentale envers la Russie depuis 1992; les velléités provocatrices américaines et polonaises d’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine, et les offres européennes d’adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union Européenne; l’absence de politique russe cohérente du côté occidental ».
 
Selon Hubert Védrine : « Si elle [la politique de l’UE] est critiquée pour sa modération relative c’est par ceux (Pologne, Baltes) qui veulent un affrontement plus direct avec Poutine. Mais jusqu’où, et dans quel but, avec quels résultats, prévisibles? Elle pourrait l’être plutôt par son inconséquence: avoir négligé, sous l’influence des états-membres les plus anti-russes, le risque de placer l’Ukraine devant un choix impossible, d’avoir sous-estimé les réactions russes, fussent-elles condamnables, et de ne pas avoir imaginé pour l’Ukraine un statut particulier tenant compte aussi des intérêts russes. Et de se laisser aller à une escalade de sanctions sans scénario clair pour en sortir. »
 
« La France et l’Allemagne, si possible avec la Pologne, devraient élaborer ensemble une feuille de route permettant de limiter les dégâts symétriques de l’enchaînement récent, de maintenir le dialogue avec la Russie, de préparer la sortie ».
(Interview d’Hubert Védrine pour la fondation F. EBERT sur la crise en Crimée, 21 mars 2014)?

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Tags:
défense européenne, afrique, crise ukrainienne, otan


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