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Nouvelle tempête de Mistral

20 juillet, 2014
Brève
Hajnalka Vincze
Manifestement, toute occasion est bonne à prendre, pour les opposants (nombreux et fervents) de la vente des navires Mistral à la Russie par la France. Aujourd’hui, ils surfent sur l’émotion provoquée par la tragédie de  l’avion de ligne malaisien abattu en Ukraine de l’Est. Cette récupération était à attendre. Comme l’avait prédit l’ambassadeur de la France auprès de l’OTAN : « La décision finale [sur les Mistral] doit intervenir en octobre, la pression va s'accroître d'ici là et dépendre, bien entendu, de la situation sur le terrain ». Il n’y a là rien de surprenant. On essaie toujours de tirer profit au maximum des événements d’actualité pour influencer, voire changer au dernier moment, des décisions d’armement.

Pour rappel : au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001, des diplomates US en Europe centrale n’ont pas hésité à en tirer argument pour convaincre leurs interlocuteurs de revenir sur le choix, pourtant déjà fait, en faveur d’un concurrent du F-16… Soi-disant compte tenu du nouvel environnement.
 
C’est de bonne guerre (quoique d’un goût fort discutable), on dirait. Toujours est-il que les contrats d’armement sont un engagement de plusieurs décennies, ce qui devrait normalement primer sur les émotions de tel ou tel moment. De nos jours, hélas, c’est de moins en moins évident. D’après Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, les diplomaties « ont de plus en plus de mal à travailler méthodiquement et efficacement, dans la durée, au service d’objectifs clairement définis. Plus que jamais elles sont soumises aux soubresauts de politique intérieure, amplifiés par l’âge médiatique, par la tyrannie de l’émotion et du court terme. (…) D’où la recherche par de nombreux hommes et femmes politiques de postures, d’effets immédiats et visibles, en phase avec les émotions intenses générées et entretenues par le «tout-image» dans un bouillonnement permanent d’inquiétude, d’indignation, d’impatience. »

Dans ce contexte, vouloir faire la part des choses (en insistant, comme la diplomatie française tente de le faire maintenant, sur une séparation entre les discussions sur le drame de l’avion malaisien et l’affaire du contrat Mistral) relève déjà d’un véritable exploit. Même si cela ne se fait que sur la défensive et avec des arguments de comptable.

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Tags:
affaire des mistral, politique étrangère de la france, armement


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